Dans le cas d’un délit, comment différencier une peine principale d'une peine complémentaire ?La peine principale pour un délit peut être l’une des sanctions suivantes :- Emprisonnement (assorti ou non d’un sursis)
Détention à domicile sous surveillance électroniqueTravail d’intérêt généralAmendeJours-amendePeine privative ou restrictive de droits (par exemple, l’annulation du permis de conduire avec une interdiction de demander la délivrance d’un nouveau permis pendant 5 ans)Sanction-réparation.Des peines complémentaires peuvent s'ajouter à la peine principale.Dans certains cas, le tribunal correctionnel peut décider de remplacer la peine principale par une ou plusieurs peines complémentaires. Par exemple, en cas de violences, le tribunal correctionnel peut décider de remplacer la peine d’emprisonnement par une interdiction d’exercer une activité professionnelle et par la confiscation de la chose qui a servi à commettre l’infraction.
Quelles peines complémentaires peuvent être fixées pour un délit ?Lorsque la loi le prévoit, un délit peut être sanctionné par une ou plusieurs peines complémentaires. Ces peines peuvent prendre plusieurs formes :- Une interdiction (par exemple, l’interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation)
La déchéance, l’incapacité ou le retrait d’un droit (perte du droit de vote, incapacité de gérer une société, suspension du permis de conduire, etc.)Une injonction de soinsUne obligation de faire (par exemple, obligation d’avoir un suivi socio-judiciaire)L’immobilisation d’un bien (par exemple, l’immobilisation d’un véhicule)La confiscation d’un bienLa confiscation d’un animalLa fermeture d’un établissementL’affichage de la décision de justice.Ces peines sont directement liées au délit commis.ExempleL’auteur de violences ou de blessures involontaires encourt des peines complémentaires telles que l’interdiction de porter une arme soumise à autorisation, la suspension du permis de conduire, la confiscation de véhicules.L’auteur d’un vol encourt des peines complémentaires telles que l’interdiction de ses droits civiques, civils et de famille (exemple : droit de vote), l’interdiction de séjour sur le territoire français, l’interdiction de détenir une arme soumise à autorisation.Même si ces peines sont prévues par la loi, c’est le tribunal correctionnel qui décide de prononcer, ou non, la ou les peines complémentaires applicables à la personne condamnée.Pour certains délits, cette juridiction est dans l’obligation de prononcer certaines peines complémentaires, sauf si elle rend une décision motivée. Par exemple, sauf décision motivée, la peine d’inéligibilité doit obligatoirement être prononcée pour certaines infractions telles que les violences, la discrimination ou l’escroquerie.À savoirLe tribunal correctionnel qui condamne l’auteur à une peine complémentaire peut l’assortir d’un sursis simple, sauf s’il a prononcé une confiscation, la fermeture d’un établissement ou l’affichage de la décision.En savoir sur les peines complémentaires les plus répanduesLes peines complémentaires les plus prononcées sont les suivantes :- Interdiction d’émettre des chèques pour une durée de 5 ans
Interdiction d’utiliser une carte bancaire pour une durée de 5 ansConfiscation d’un bien, notamment celui qui a servi à commettre l’infractionConfiscation de l’animal qui a servi à commettre l’infraction ou sur lequel elle a été commiseInterdiction des droits civiques, civils et de famille (droit de vote, éligibilité, droit de témoigner devant la justice, etc.), pour une durée de 5 ansAnnulation du permis de conduireSuspension du permis de conduireInterdiction temporaire de conduire certains véhiculesInterdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisationInterdiction de détenir un animal pour une durée de 3 ans maximumInterdiction d’exercer une fonction publique ou professionnelle, de manière définitive ou pour une durée de 5 ansInterdiction du territoire français pour les étrangers y compris les ressortissants d'un pays de l'Union européenne, définitive ou de 10 ans maximum. En cas d’incarcération, cette interdiction s'applique dès la sortie de prisonFermeture d’un établissementAffichage ou diffusion de la décision de justice aux frais du condamné. L'affichage ou la diffusion de la décision ne peut comporter l'identité de la victime qu'avec son accord, celui de son représentant légal ou de ses ayants droitSanction-réparationSuivi socio-judiciaire (qui peut être assorti d’une injonction de soins).
Dans le cas d’un délit, quelles sanctions s'appliquent en cas de non-respect d'une peine complémentaire ?L'auteur d'un délit qui ne respecte pas la peine complémentaire prononcée contre lui encourt de nouvelles sanctions. Elles diffèrent en fonction du rôle que joue la peine complémentaire :La peine complémentaire s'ajoute à la peine principaleLe condamné qui n'effectue pas les obligations qui lui sont imposées par la peine complémentaire encourt une peine de 2 ans de prison et de 30 000 € d’amende.La peine complémentaire remplace la peine principaleLa peine encourue en cas de non-respect de la peine complémentaire est fixée lors du procès initial. Cette peine doit être moins sévère que la peine principale prévue pour le délit commis et ne peut pas dépasser 2 ans de prison et 30 000 € d'amende.